Cie Mains Argile-La Forêt des rois

Saint-Mandé (94) France
La forêt des rois - Théâtre d'objets éphémères (2011)
Ecriture et mise en scène : Pierre Gatineau
Manipulation et jeu : Gabriela Aranguiz, Perrine Devaux, Sarah Lefebvre, Lara Navarro - Lumière, son et jeu : Pierre Gatineau
Durée : 1 heure
Adultes et scolaires dès 8 ans
Propos de fond :
Les relations parents / enfants
Notions de base :
Parents : le père et la mère d’un enfant - Autorité : pouvoir de commander, de se faire obéir - Enfant : du latin infans qui signifie « qui ne parle pas » - Peur : crainte éprouvée face à une menace, à un danger
Notes d'intention
Lorsque j'ai commencé l'écriture de LA FORÊT DES ROIS, je souhaitais questionner l'art de l'acteur, la manière dont il s'y prend pour faire croire, le temps de la représentation, à un être inventé de toutes pièces…

« Qu'est-ce qui fait que le spectateur puisse s'émouvoir (ou pas) d'une histoire qui n'existe pas ? »

À cette même période, j’assiste à une scène de vie ordinaire : le caprice d’un enfant.
Face à lui : une mère gênée, dépassée par les évènements, démunie.

En quelques minutes, tous les artifices du « théâtre » sont réunis : situation, tension, regards, action, réaction, corps en mouvement, émotion, drame. Et pourtant la mère et l’enfant n’étaient pas en représentation…

« Comment un enfant en vient-il à s’imposer avec autant de détermination face à un adulte ? »
« Comment un adulte en arrive-t-il à perdre toute autorité face à son enfant ? »
« Quelles raisons profondes, quelles craintes non formulées, quelles angoisse enfouies poussent-elles les uns à tenter ce jeu, les autres à l’accepter ? »
C'est pour éclaircir ce mystère que j'ai écrit cette histoire. Pierre Gatineau

Le spectacle / L'histoire
Il était une fois des Rois qui avaient osé pénétrer dans la grande forêt, et qui n'étaient jamais revenus.
Il était une fois un enfant qui était parti à la recherche des Rois.
Il était une fois un enfant qui s'était perdu dans sa propre histoire...
L'avait-on abandonné ?
Enfant sans repère, le coeur transpercé par la peur.
Il était seul dans la forêt sombre.
Soudain, une lueur !
Des râles, des bruits de sabots, des armures qui s'entrechoquent...
L'enfant se cache dans un buisson.
« Chuuut ! »
Les Rois passent.
Et la lueur disparaît.
L'enfant est perdu... Il fait nuit... Il fait noir...
Cette histoire est une invitation.

Le spectateur est invité à pénétrer dans la forêt, métaphore d'un monde imaginaire, lieu de tous les possibles, où l'on aime se perdre comme dans un labyrinthe.
Endroit magique où le cauchemar côtoie le rêve et l'enchantement.
Le spectateur est invité à vivre l'expérience de cet enfant.
Est-il abandonné ? S’est-il perdu lui-même ?...

Dans LA FORÊT DES ROIS, ce ne sont pas les spectateurs qui regardent les acteurs jouer, ni les acteurs qui jouent devant les spectateurs, c'est le spectacle qui se joue de nous ! Les valeurs sont inversées, comme au  Moyen-Âge lors de la « Fête des fous » où les serviteurs prenaient le pouvoir, les paysans donnaient les ordres.

Ce que les spectateurs ne savent pas, c'est qu'ils sont les « sujets » des Rois, voire le sujet-même du spectacle.
Parviendront-ils à surmonter leurs peurs ? Leurs angoisses ? À sortir du bois ? 
Finalement y a-t-il eu des Rois ? Des acteurs et des spectateurs ?
Cet enfant a-t-il existé ? Est-il le fruit de notre imagination ?

« La peur fait partie de la notion de liberté chez l'enfant. J'ai peur. Je n'ai plus peur. Je suis libre. Il faut donc avoir peur pour être courageux ! » Marcel Rufo

Les contes traitent de nos angoisses, les mettent en représentation et offrent la possibilité de les surmonter en partie. Vaincre sa peur, ce serait donc grandir ?...

L'histoire de cet enfant perdu dans la forêt nous ramène à nos peurs qui remontent à notre plus jeune âge. Cette histoire ne s’adresse ni exclusivement aux enfants, ni en particulier aux adultes : elle interroge les deux. Le spectacle permet une mise en regard de l’un et l’autre : que l’enfant puisse, par le biais du théâtre, interroger l’adulte, que l’adulte puisse questionner sa place en tant que parent.

L'espace théâtral comme espace des possibles où chacun puisse imaginer, agir et réagir sur ce qu'il est en train de vivre.

Production déléguée : Compagnie Mains d’Argile - Avec le soutien de : la Ville de Saint-Mandé, la Communauté de communes de Château-Thierry, Le Théâtre La Mascara

LES « OBJETS » DE LA REPRÉSENTATION

Scénographie
L'aire de jeu est un lieu unique : la forêt.
L’espace se dessine dès l'entrée des spectateurs dans l'édifice théâtral : fragments de terre, morceaux de branches, couronnes d'or...
Le public est invité à pénétrer dans la forêt, passer sur le plateau, puis prendre place face à cet espace de jeu qu'il a traversé / qui l'a traversé.
Des branches envahissent la scène. Certaines sont fixes, elles ajoutent une densité à l'espace représenté, d'autres sont mobiles, ce qui permet aux acteurs de créer de nouveaux espaces de jeu.
Des lés de bâches translucides tranchent l’espace scénique. Leur rôle est de troubler la vue du spectateur, de mieux le perdre concrètement. Les bâches permettent dans le même temps de transformer les corps, de proposer d'autres cadres de jeu et par superpositions successives, de donner une profondeur à la forêt. Elles sont aussi les écrans qui accueillent les ombres des branches et des corps.

Interprètes / Matières
Les acteurs évoluent avec des matériaux bruts : argile et branchages.
L'argile, matériau malléable, sujet à transformations multiples, permet aux acteurs de modeler les enfants pris dans cette forêt. À moins que ce ne soit le matériau qui manipule le corps des acteurs...
Les branchages, eux, sont des supports pour le jeu : castelets multiples au service de l'action.

Bruits / Sons / Musique
Les différentes sonorités de ce récit sont traitées de trois manières différentes :
Le vent : élément de la nature enregistré et diffusé sur le plateau afin d'ouvrir l'espace scénique par l'intermédiaire du son.
Les instruments joués en direct : triangle, tambours métalliques, sansula pour soutenir l’action.
Le chant : travail choral avec les interprètes : berceuses et chants populaires pour instaurer un climat intimiste, au plus près des marionnettes.

Texte
Le texte s'inspire de la narration des contes traditionnels.
Il est aussi induit par les situations que vivent les personnages : il est composé de phrases brèves, de
variations, de voix qui s'entrechoquent, de cris, de soupirs...
Comme l'argile en mouvement, le texte se doit d'être organique, pour tenter de restituer, au plus juste,
les émotions traversées par les personnages.
Le texte est l’un des matériaux de la représentation.

Cie Mains d'Argile - Quelques références  :
. Festival Méliscène (Auray - 56)
. Festival Figeuro (Gent et  Roelselare - Belgique)
. Festival MiMa - (Mirepoix - 09)
. Festival des Théâtres de Marionnettes (Chateaurenard - 13)
. Festival Scènes d'hiver sur un coin de table (Vic / Seille-57)
. Théâtre de la marionnette (Paris - 75)
. Théâtre aux mains nues (Paris - 75)
. Festival de marionnettes en Pays de Risle Charentonne (Bernay-27)
. CREAM Théâtre du Fon du loup (Carves - 24)
. CDAM Clastic théâtre (Clichy - 92)
. Le Local (Paris - 75)
. Théâtre du CENTAURE (Marseille - 13)
. Conservatoire (Saint-Mandé - 94) ...

CRITIQUES de la création précédente : Limites (2010)
"Un univers. C'est tout un univers
Avec une belle cohérence des mots, du jeu, de la scénographie, des marionnettes et des lumières. (...) Le choix plastique de ces marionnettes en papier journal est plus que pertinent par rapport au propos. La manipulation embellit le tout. Merci.Cecile Vitrant
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"Un clin doeil sur ce qui se vit réellement  dans notre société
Un clin doeil sur le propre humain
Un clin doeil sur la bêtise humaine tel que nous le vivons à un moment au plus profond de nous
Un clin doeil sur ce qui devrait nous guider vers plus d'humanisme, plus de tolérance, plus de fraternité sans tout de même oublier que nous sommes des humains
Pièce qui déclenche moult réflexions pour la résurrection de humanisme et du questionnement. (..) Merci a l'auteur (et comédien)". Benjamin John - 2011
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"(...) L’homme en noir est celui qui fait vivre la matière, la manipule, la déchire, la reconstruit. (...) Il n’est pas sur scène en tant que personnage, mais en tant qu’entité manipulatrice, avec cette sorte d’hyper présence souvent caractéristique des performers.(...) Il ne cherche pas à illusionner le spectateur. Il propose plutôt au public de se laisser volontairement conduire dans l’imaginaire de l’artiste après que ce dernier lui ait montré les engrenages de la construction. (...) A chaque fois qu’il crée un personnage, l’homme, avec des gestes quasi rituels, prend une feuille de papier, la trempe dans une bassine face à nous, puis l’étend violemment sur une planche de bois. De là, il la brosse, l’essore, ou la déchire selon les personnages, avant de lui donner forme d’un geste vif et expérimenté .(...) Est-il comédien, marionnettiste ou plasticien, sans doute un peu des troisSophie Chauveaux - 2011
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"Une véritable émotion de cette histoire d'ange confronté à la violence à l'injustice...
Un vrai étonnement que tant de sentiment puisse être issu d'un seul comédien manipulant du papier mouillé...
De vraies surprises de ces formes qui se construisent avec une poésie intime...
Un sentiment  d'être pénétré par de profondes émotions, fortes, avec des formes éphémères de papier....Merci..."  Lionel Arrivé - 2011
Limites, spectacle pour un Ange, du papier et de l'eau ... seulement ? Oui mais sans oublier le talent de celui qui met toute cette matière en mouvement, qui la rend présente et vivante pour notre plus grande joie : Pierre Gatineau.
Ayant quitté de vue les dernières marionnettes de Guignol sur les bancs de l'école, j'ai été stupéfait par le caractère vivant de ces petits bonhommes éphémères créés sur le moment. Car c'est bien la présence de ces marionnettes, seulement faites d'eau et de papier, qui nous interpelle dès le départ nous rappelant de suite nos excès, notre intolérance et nous ramenant aussi à notre fragilité et à notre finitude.
Mais cette performance est également soutenue par la poésie du texte de Pierre Gatineaucréatif, incisif et tendre, qui, s'il ne laisse rien passer de nos erreurs, ne ferme jamais la possibilité d'une porte de sortie ou d'exil.
C'est d'ailleurs ce que j'ai ressenti tout au long du spectacle, à savoir une insoutenable envie de rire devant des scènes qui nous remettent pourtant en question. Là est je pense la grande force de Limites : être un spectacle intransigeant sur le comportement humain mais qui donne une vraie place à cette joie profonde et intérieure qui est en chacun de nous et qui nous engage à laisser notre porte sourire un peu."Gérald Portocallis - 2011
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"Un spectacle émouvant, qui touche tous ceux qui s'intéressent à l'humain, qui ne peut laisser personne indifférent." Sylvie Lemire / Programmatrice  / Festival de Bernay - 2011
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"Je ne peux que te redire ici tout le bien que je pense de "Limites" qui a magnifiquement rencontré son public ici au TNM .
Et le fond et la forme, la qualité de l'interprétation, la manière de pousser dans ses limites justement la notion de marionnettes et d'animation, tout cela participe du renouveau de notre art, contribue à faire bouger les lignes, en poète et en toute liberté". Eloi Recoing - Directeur artistique du Théâtre aux Mains Nues à Paris  - 2011
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"Une création où poétique et politique se mêlent : des formes éphémères apparaissent pour nous parler d'un thème sensible de notre actualité : nos frontières.
Le plus frappant pour le spectateur, c'est l'utilisation de cette matière « journal » ; manipuler du papier, le faire vivre, se mouvoir, et mourir sous nos yeux... Celui-ci prend tout son sens avec le thème du spectacle parlant de nos limites intérieures et des murs que l'on construit face à ce qui nous est étranger... Même prévenu, le spectateur ne s'y attend pas : voir ces petits êtres faits d'eau et de papier journaux prendre la parole, pour nous faire entendre ces mots, ces cris imperceptibles qu'on peut lire entre les lignes de nos quotidiens..." Lucile Beaune et Elise Remangeon - Théâtre aux mains Nues à Paris - 2012
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