Trilogie Ecris-Moi un Mouton
autour des traces laissées par la guerre d'Algérie aujourd'hui.
autour des traces laissées par la guerre d'Algérie aujourd'hui.
> 2 FORMES COURTES et PASSE-PARTOUT pour témoigner :
. Mai 2013 : Titre à définir
1 FORME LONGUE pour GRAND PLATEAU pour entrer dans la fiction :
. Automne 2014 : Titre à définir
Prochaine présentation du projet :
Mercredi 18 juillet 2012 - 19h
AVIGNON (84)
Ecole du spectateur
Ecole Pouzaraque - 5 place Louis Gastin
"La guerre d’Algérie elle continue
dans nos têtes ça pète encore
à tous les coins de rue
on se jette encore dans les impasses
dès qu’une voiture nous suit
au ralenti." Extraits des premières bribes écrites par Sébastien Joanniez
Equipe de création
Ecriture Sébastien Joanniez - Mise en scène Emilie Flacher
Scénographie Kristelle Paré - Marionnettes Colette Pouliquen, Emilie Flacher
Acteurs marionnettistes : Agnès Oudot et Pierre Gatineau
En 2010, La Maison du Théâtre, centre de ressources pour l’écriture théâtrale contemporaine en milieu rural (Jasseron), propose à Emilie Flacher d’être associée pour trois ans et de mettre en place un projet artistique et culturel de territoire. C’est l’occasion pour elle d’inviter Sébastien Joanniez, auteur et d’inventer le projet : « Ecris-moi un mouton ».
LA GUERRE D'ALGERIE
Pendant la guerre d’Algérie entre 1954 et 1962, plus de 2 millions de jeunes appelés se sont
succédés pour « pacifier », faire du « maintien de l’ordre» dans un pays en quête d’indépendance, dans un conflit perdu d’avance. A leur retour, la honte et le silence a pris le dessus et cette guerre n’a pas fait parler d’elle. Comme le dit Benjamin Stora, cette guerre n’a
pas été suffisamment nommée, montrée et assumée dans et par une mémoire collective
pour permettre l’apaisement.
Pourtant, nous sommes tous touchés par cette guerre qui marque la fin des colonies françaises « à l’ancienne ».
D’abord, parce que nous connaissons tous dans nos familles et nos voisins d’anciens appelés
du contingent, des pieds-noirs ou de personnes issues de l’immigration algérienne et que ce qui n’est pas dit pèse autant que ce qui l’est. Et puis comment ne pas faire de liens entre cette
histoire et les récents débats sur l’identité nationale : en fait c’est quoi être français
aujourd’hui ?
C’est donc pour retrouver la mémoire et tenter de rendre la parole aux personnes qui ne l’ont
pas eu, que Sébastien Joanniez écrit une trilogie théâtrale.
"Pendant le voyage en bateau
ça tanguait ça roulait
et tout le monde dégueulait
ça faisait des flaques qui giclaient contre les murs
de bâbord à tribord
si on se mettait debout on glissait tout de suite dessus
alors dans la cale on pensait à rien
qu'à dégueuler avec les autres
quand on est revenus
au bout du ponton
il y avait un groupe qui chantait
Ce n'est qu'un au revoir mes frères
ils chantaient fort
on les entendait bien
Vaguemestre, Sébastien Joanniez
Deux petites formes pour témoigner / Oct 2012 et Mai 2013
· On dirait rien longtemps (puis tout à coup tout) - Oct 2012 Bour en Bresse (01)
Texte écrit par Sébastien Joanniez en 2011 à partir des rencontres faites avec des anciens
appelés du contingent de la guerre d’Algérie.
· Titre inconnu à ce jour - MAi 2013 Frouard (54)
Texte écrit par Sébastien Joanniez en 2012 à partir des rencontres avec des personnes ayant
quitté l’Algérie vers la métropole suite à la guerre.
Une grande forme pour entrer dans la fiction / création automne 2014
Texte de fiction écrit par Sébastien Joanniez à partir de toutes les rencontres faites et d’une
résidence de création en Algérie. Cette fiction sera peut-être une science-fiction et
s’intéressera à l’avenir des relations entre nos deux pays et des nouvelles formes de
colonialisme.
Bribes de textes
"Ils étaient pas majeurs
ils avaient vingt ans
ils avaient pas le droit de vote
mais ils avaient le devoir de tuer
c’est fou quand on y pense
faudrait demander à machin
lui il aurait des choses à vous raconter
il y était aux accrochages
il a combattu lui
on en parle pas
c’est pas comme la guerre de quatorze
en quatorze les soldats ils ont sauvé le pays
c’était glorieux quatorze
nous on a rien sauvé du tout
alors on en parle pas
quand je suis revenu
dans le bus les gens continuaient leur vie
comme si rien s’était passé
et ils avaient raison de continuer
mais moi j’aurais bien aimé
qu’ils savent d’où je revenais
comme c’était un autre monde là-bas "